Mon premier Semi à Nice : FINISHER mais quelques petites choses à revoir.

Publié le 30 Avril 2016

Une nouvelle médaille qui vient s'ajouter à ma petite collection by LittleMarmotte

Une nouvelle médaille qui vient s'ajouter à ma petite collection by LittleMarmotte

  • Le contexte :

Il y a un an, lors du Semi Marathon de Nice, je participais à mon premier 10 km, alors que j'avais passé l'année précédente en rééducation pour rupture du ligament croisé et fissure du ménisque. A ce moment là je ne pensais pas encore franchir le pas et courir un 21.1 km en 2016. Puis les courses se sont enchaînées et j'ai commencé à me dire "pourquoi pas?" d'autant plus que je rêve de participer un jour au marathon Nice Cannes que je vois passer depuis toujours près de chez moi.

Par conséquent, je décide en fin d'année 2015 que mon premier semi marathon serait mon objectif 2016. Je m'inscris dès l'ouverture pour ne pas risquer de changer d'avis et je prévois donc mon calendrier en conséquence, avec une préparation (sérieuse avec un plan et tout) en parallèle de mon rééquilibrage alimentaire toujours d'actualité et du renforcement musculaire.

Le problème est que je n'avais pas prévu que cette dite préparation serait quelque peu enrayée par divers problèmes personnels. Dans la foulée des 10 km de Cannes en Février qui s'étaient très bien passés (nouveau RP) j'etais remontée à bloc mais la motivation n'a pas tenu et mon planning n'a pas su s'adapter aux exigences de mon plan d'entrainement. A mi chemin je craquais psychologiquement pensant ne jamais réussir à venir au bout de cette préparation. 

Pourtant cela faisait des mois que j'attendais de vivre ça, mais je n'étais pas à 100% sur mon objectif. 

La fin de la préparation approche, je revois mon objectif temps de départ un peu à la baisse et je me mets en tête que de toute façon je plonge vers l'inconnu et que je n'aurai jamais l'impression d'être prête. Mais avec comme plus longue sortie 14 km, je me pose beaucoup de question.

 

  • Avant course:

C'est donc avec une motivation certaine mais une préparation pas optimale du tout que je vais affronter ces 21.1 km. Je soule tout le monde avec ça depuis presque 6 mois du coup maintenant faut assurer. Nouveau coup de panique quelques jours auparavant : pluie prévue avec du vent. Je ne me vois pas du tout du tout courir pendant plus de 2h sous la pluie et je déteste le vent. Si je m'en sors ce sera miraculeux. Finalement, le temps devrait se maintenir OUF déjà ça de moins.

 

Je sais que cette course sera assez expérimentale même si au niveau du parcours je le connais par coeur. Je ne sais pas comment mon corps va réagir à partir du 14ème kilomètre. En plus j'entends parler de mini mur au 15 ème (comme le mur des 30 km sur marathon) tout pour rassurer.

 

  • Le Jour J:

 

Cela fait des semaines que je me m'endors en pensant à ces moments où je vais courir mon premier Semi, alors qu'il y a 2 ans je galérais à courir 5 min sur un tapis chez mon kiné. Je suis à la fois excitée et stressée mais bon ça va le faire c'est juste une course après tout.

Je m'étais fixé au départ un objectif temps (même si l'idée première est d'abord de finir) de 2h15 qui s'est transformé peu à peu en 2h30. 

Comme l'an dernier le 10 et le 21.1 partent en même temps mais cette année, il y a une vague lente et une vague rapide. Evidemment je me place dans la lente (très très lente).

Le depart est donné sous le soleil, avec quelques nuages, juste la bonne température. Arrivé au premier virage c'est toujours aussi compliqué mais la double vague a quand même permis d'étendre un peu le peloton. 

Je pars tranquillement, je ne regarde pas trop le chrono je veux surtout courir à la sensation. Autour du 2-3 ème kilomètre je croise Florence qui a réussi non seulement à me retrouver dans la masse mais en plus m'a reconnu avec la visière et les lunettes de soleil, trop forte.

Des gens marchent déjà, certains sont blessés, d'autres juste épuisés. C'est tôt quand même. 

Je m'approche du 5ème kilomètre et je peux voir mon supporter- chéri - paparazzi qui m'encourage avec toujours autant de ferveur. On arrive dans la montée du Château où l'an dernier j'avais du beaucoup ralentir faute de jus. Cette année je monte sans aucun souci comme sur le plat. Le soleil commence à bien taper, les stands d'épongeage sont les bienvenus.

Arrive le 10ème kilomètre, là où je m'arrête d'habitude, là où pour beaucoup c'est le final mais pas pour les participants du Semi. Beaucoup de monde sur les cotés pour encourager et quelqu'un lance "allez c'est la fin il ne reste plus beaucoup" Euh si si il reste beaucoup beaucoup et ça risque d'être très long.

Je passe à coté de la ligne d'arrivée mais on est seulement à mi parcours. 1h06 je suis dans les temps finalement. L'an dernier j'avais souffert pour un 1h08. Je revois mon chéri qui a piqué ma casquette que j'avais prise pour une éventuelle averse pour se protéger du soleil. Je ne suis pas la seule à trouver qu'il fait un peu trop de soleil (jamais contente).

Place maintenant à un long aller retour sur la Prom jusqu'à l'aéroport. Le mental devra suivre si le physique lâche. Je décide de ne plus penser à rien juste avancer à mon rythme et on verra bien. 

Je profite du ravito du 10eme pour m'arroser encore un peu la tête et le dos et pour marcher un peu tout en mangeant mon petit morceau de banane. Il me reste juste à refaire un 10 km un peu plus long et hop c'est plié après tout. 

On y va. Les jambes commencent à être lourdes au 12ème. Il y a moins de monde autant chez les coureurs que sur les cotés pour encourager. Je ralentis, je sens que je suis dans le dur. J'essaie de courir jusqu'au prochain ravitaillement après le demi tour, psychologiquement j'aurai fait un grand pas, après on avisera. Mais à partir du 13ème kilomètre, même au ralenti je sens que je n'ai plus aucune énergie. Je dois marcher mais si je marche je vais perdre le rythme et ça risque d'être pire. Et puis plus tu marches plus la galère dure dans le temps. J'essaie de me concentrer sur la musique, sur les gens devant, sur n'importe quoi pour oublier mais le mental ne suit pas. Je vois des gens devant qui marchent, d'autres qui trottinent, je veux être dans la deuxième catégorie. Courir très lentement mais courir. Je craque, je commence à marcher. Des gens me dépassent. Je me dis " continue de marcher à un bon rythme et tu vas repartir". Je me donne une minute. Je repars. Les quelques spectateurs ou bénévoles qui nous encouragent donnent un peu de force supplémentaire. Mon objectif est toujours d'arriver au prochain ravito.

Et cette Prom qui n'en finit pas là c'est pas possible il n'y a pas de demi tour ou quoi. !!!!!

Je devrais déjà y être. Je vois de l'autre coté ceux qui sont déjà sur le retour. OOOOOO mon meneur d'allure que je cherche depuis le départ. Le meneur de 2h (le dernier) sur qui je devais me caler plus ou moins pour savoir où j'en étais. Mouai on oublie! Déjà si je finis ce sera cool.

 

HAAAAA enfin le demi tour du 15eme et le ravitaillement un peu plus loin. Je m'y arrête comme si ma vie en dépendait à ce moment là. Je bois, beaucoup. Je marche. ET je marche encore. Je vois le panneau 16 km. Là dans ma tête je me suis dis "il te reste 5 km, tu as couru cette distance de nombreuses fois, ce n'est rien dans 40 min en gros tu es arrivé, tu y vas tranquillement mais sûrement. Oui tu as mal partout. Oui tu t'es pris un muret de face. Mais tu ne vas quand même pas tout lacher. Beaucoup croient en toi. Tu as soulé tout le monde avec cette course, tu ne peux pas dire j'ai abandonné, surtout si tu n'es pas blessé" Je choisis une bonne musique et hop on y va.

 

Au 17ème je remarche. Pas plus d'une minute à chaque fois. Des gens me doublent mais pendant les phases où je cours, certains marchent donc je les redouble. Je ne suis pas la seule à galérer c'est rassurant. Au 18ème je marche un peu et un bénévole me dit "vous étes encore bien, il faut y croire, c'est bientôt fini". Oui c'est vrai mais je n'ai plus du tout d'énergie. Je fais de la marche rapide, je cours, marche rapide, je cours. Je veux que tout ça se finisse. La vision de la voiture balai sur le parcours en face coté aller me fait comprendre qu'il faut que je me bouge les fesses. (même si j'ai encore de la marge mais bon je ne veux pas finir dernière). Plus je vais marcher et plus ce sera long. Je pense à la douche que je vais pouvoir prendre pour me rafraichir.  

19 ème kilomètre, je ne regarde plus le chrono depuis longtemps. Une coureuse (de je ne sais pas quel pays je dirais peut être Roumanie ou quoi) m'encourage en passant à coté de moi (bon ok je ne comprends rien à ce qu'elle dit mais son attitude parle d'elle même) je lui fais un signe pour la remercier. J'aime ça dans ce sport, des gens que tu ne connais pas du tout t'encouragent, comme ils encouragent leurs proches, c'est cool. 

 

Je retrouve un peu de jambes, je ne vais pas vite mais au moins je me déplace et je ne marche pas comme si j'avais abandonné. Le panneau 20 km est en vue. Je marche quelques pas pour me recharger à bloc et finir en courant. 

On retrouve du monde, ça booste pour finir. Les bénévoles applaudissent chacun des concurrents qui passent et certains ont même un petit mot d'encouragement. Dans ces moments là tout est important. Une famille est juste devant moi avec une poussette, je dois les doubler pour avoir mon finish pour moi toute seule car ils prennent toute la largeur de la route. Je veux en profiter un max. 

La ligne d'arrivée est là, et beaucoup de supporters sont encore là pour acclamer les finishers. A cet instant tu as l'impression d'être une star, d'être limite champion du monde. Il n'y a plus de douleur, tu oublies que ça fait 1h30 que tu galères, que tu as songé à abandonner, que tu en avais marre et que tu t'es juré il y a deux minutes de ne jamais recommencer. 

Le tapis bleu de l'arrivée, l'arche avec le temps, où je suis passé au 10 ème kilomètre sans savoir ce qui m'attendait, il n'y a plus que ça qui compte. Je sprinte (oui je ne sais pas où était caché ce petit surplus d'énergie) juqu'à l'arrivée et la délivrance après avoir tant souffert. Tellement que je ne peux pas m'empécher de pleurer après la ligne. Non je ne suis pas triste, certe je n'ai pas atteint mon objectif mais j'ai fini c'est miraculeux. C'est juste que mentalement cette course a été très éprouvante autant dans sa préparation que dans son déroulement, et l'aboutissement de tout ça était trop important. Du coup j'ai craqué juste quelques instants. Je marche pour aller récupérer ma médaille de FINISHER. Et JE VEUX BOIREEEEEE.

Mes jambes pesent 3 tonnes chacunes (je comprends les marathoniens à ce moment là)mais je m'en moque. J'en ai bavé (je m'y attendais mais pas à ce point) mais j'ai réussi à finir mon premier SEMI-MARATHON. 2h34 min (vu tout ce que j'ai marché je ne suis pas si loin de mon objectif)

 

  • Analyse

 

Après reflexion, je ne pensais pas que l'écart  entre le 10 km et le 21.1 était aussi important. J'étais passé assez facilement de 5 à 10 et je pense que du coup je n'avais pas pris la mesure du truc. En plus je n'ai pas fait une préparation optimale. Je suis aussi parti trop vite sur les 10 premiers kilomètres ce qui m'a fait prendre le "muret" assez rapidement et galérer jusqu'à la fin.

Les jours suivants mon sentiment était mitigé entre être fière d'avoir fini et dégoutée d'avoir autant souffert. Jusqu'à la fin de l'année je me contenterai de 10 km. Un autre semi sera peut être au programme l'an prochain.

Je remercie quand même tous ceux qui m'ont félicité et en particulier mon chéri qui a fait beaucoup pour que je puisse arriver dans les meilleures conditions à cette course.

 

Rédigé par Little Marmotte186

Publié dans #finisher, #médaille, #premier, #semi

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