Le Calvaire Antibois

Publié le 23 Avril 2017

Flyer // Source : jsdcourse.com

Flyer // Source : jsdcourse.com

Cette course a été un peu particulière par rapport aux autres. Après le Semi de Cannes j'ai pris quelques jours de pause bien mérités. 20 jours plus tard j'ai repris l'entrainement et la même semaine j'ai effectué la reconnaissance de ce parcours assez compliqué avec de belles montées dont celle dite "du Calvaire" au 8ème kilomètre. Il est assez rare que je fasse des reconnaissances mais là je savais que j'allais en baver donc je devais savoir. Cela a été l'occasion d'une belle sortie au soleil avec des personnes très sympa.

Sans doute que ma reprise a été un peu trop rapide sur un parcours aussi cassant et mon corps me l'a fait savoir. Résultat : Douleur dans le genou, la hanche et le dos. Je décide donc de recourir qu'une fois les douleurs passées. Je participe à un des entrainements proposés par le club qui organise la course. C'est une séance de fractionné, une bonne idée. Je vais mourir mais ça va me faire du bien.

A la fin de la séance où j'ai eu l'impression de n'avoir jamais couru de ma vie, j'ai de nouveau mal au genou.  On arrête les frais. Je m'étire, je glace et surtout je ne fais plus de sport jusqu'à nouvel ordre. Retour chez l'ostéo, que j'avais vu un mois plus tôt et retour chez la podo pour vérifier les semelles.

Après tout ça a suivi une grosse période de doute. Dois je courir cette course ? Je voulais la faire (surtout que je l'avais déjà loupée l'an dernier) mais pas au détriment de ma santé.

Dois je suivre les conseils de "monsieur tout le monde" et arrêter la course définitivement pour ne pas commencer à enchainer les blessures? Mais du coup j'ai fait tout cela pour rien et je fais une croix sur mes rêves...

Finalement je choisis de me ménager jusqu'à la course (soit pendant 3 semaines) et ensuite je m'occuperai de tout cela, pour revenir en forme au début de l'été. Je fais donc l'impasse sur un trail que j'avais envisagé faire début juin.

Aucun sport du coup jusqu'à la course. Aucun entrainement, rien du tout, juste quelques étirements et massages pour soulager les douleurs et/ou contractures. Je vais en baver sur un tel parcours sans entrainement. Déjà la reconnaissance a été difficile donc là je ne veux même pas imaginer.

Je me rappelle tous les jours que peu importe le classement, je veux juste finir. Dans ces conditions ce sera déjà super.

Jour de la course, un temps frais et venteux nous attend. Je ne veux pas qu'il pleuve car quelques portions de la course pourraient devenir très glissantes.

Je pars tranquillement, car beaucoup ne savent pas ce qui les attend et peuvent se griller rapidement sur les 3 premiers kilomètres assez plats et rapides. Je suis assez logiquement dernière. Mais je ne lâche pas de vue un groupe avec 2 filles (l'une des 2 regrette déjà d'avoir suivi l'autre , on n'a pas fait un kilomètre) un couple de personnes âgées (oui enfin âgées mais qui finissent parfois devant toi tu ne sais pas comment) et enfin un monsieur qui me dit quelque chose. Après une rapide recherche dans ma mémoire c'était le monsieur avec qui je m'étais perdu dans les bois lors du Grand Prix du Cavigal en 2015. Le monde du running est tout petit on croise toujours les mêmes personnes c'est dingue. Je cours donc tranquillement  le 1er kilomètre et tout va bien. Je double les deux filles qui vont finalement devenir qu'une seule (celle qui regrettait a lâché l'affaire) je suis bien et je profite du paysage. Arrive la 1ere montée que j'amorce en ayant rejoint le couple de personnes âgées. Je ne m'arrête pas, je ne marche pas, je suis à fond, c'est difficile mais je suis dans le coup. Pas de douleur, tout va bien. Je suis presque étonnée de mon état de forme. Aujourd'hui ça va être vraiment le mental qui va m'aider car le physique n'est clairement pas optimal. Quelques gouttes de pluies font leur apparition...ça reste léger heureusement. Mais de toute façon je sens qu'aujourd'hui je suis une guerrière et je vais finir ce parcours difficile parce que c'est mon seul objectif (on se motive comme on peut lol). Dans une autre montée je double mon couple "vintage" (oui ils ont plus du double de mon âge mais aujourd'hui je m'en contenterai XD, je veux bien finir dernière mais il y a quand même des limites, finir derrière des v4-v5 c'est quand même très moche à mon âge ^^) . Les bénévoles nous encouragent, pour avoir eu le courage d'affronter ce parcours et en plus avec un temps assez maussade. 

Dans la montée du Phare (une des 2 grosses difficultés de ce parcours) certains marchent , et moi je continue à courir je sers les dents pour ne pas marcher car je sais que je ne repartirais jamais. A la reconnaissance je m'étais arrêtée dans cette montée. Là ça n'a rien à voir, c'est trop cool. Arrivée en haut, j'hésite à marcher quelques instants pour reprendre mon souffle mais non, ça attendra le ravitaillement (j'ai pris l'habitude de faire quelques pas lors des ravitaillements pour boire correctement et manger si besoin pour faire une vraie coupure dans la course).

8ème kilomètre je sais que c'est bientôt la fin. Il reste "juste" la montée du Calvaire, un escalier fait de caillasses où dès que tu prends un appui ton pied s'en va  ( pur bonheur ) puis ensuite ce n'est que de la descente. Je cours un peu au début mais rapidement je passe à la marche rapide. On croise des randonneurs en sens contraire qui nous encouragent. Je double encore des gens en train d'agoniser.  Je suis vraiment surprise. Arrivée en haut je marche quelques pas et je sais que c'est fini, que j'ai réussi ma course. Je marche également dans les petits escaliers un peu escarpés typés trail qui sont un peu glissants avec la pluie (même si celle-ci a cessé) Ce serait bête de se faire une cheville.

La douleur au genou  revient en fin de course mais je gère tranquillement. Du coup je ne vais pas à fond dans les descentes.

Après 9km je regarde ma montre pour savoir où j'en suis car je n'ai pas du tout fait gaffe au temps depuis le début. PAF :  1h06

YOUUUUUHOUUUU là je peux faire largement mieux que les 1h30 "prévues" selon mes calculs yessss

C'est trop énorme. J'arrive sur la dernière ligne droite où quelques passants, bénévoles, policiers et autres applaudissent. J'ai l'impression d'avoir fait un exploit, au fond de moi. Je sais que  ce n'était qu'un 10 km mais sans entrainement sur un parcours pareil je suis étonnée de mon corps.

1 h 12

Je passe la ligne et lance à mon chéri qui comme d'habitude est trop fier de moi " pfff trop facile les doigts dans le nez quoi !" MDR

Bref je ne sais pas comment mais j'ai réussi cette course alors que je partais perdante. De plus je n'ai pas eu trop de problème et je ne finis pas dernière !!! Mais comme prévu maintenant on répare la machine. Je me suis inscrite pour une course de 9 km le 17 juin et je compte bien être en forme et remontée à bloc pour y participer. En attendant c'est repos pour la marmotte ;)

 

 

Rédigé par Little Marmotte186

Publié dans #10k, #finisher, #satisfaction

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